Laure VALLESPIR

Dans le Gers, des racines profondes de vieux chêne vert. Un pied planté dans le sable des eaux vives océanes ou des torrents pyrénéens. Pour musique de fond, les récits d’aventures d’un grand-père qui rallia Bordeaux au Cap – Afrique du Sud – en scooter Vespa© dans les années soixante. Un papa migrant du Canada aux Bahamas, groom dans des palaces traversés par Orson Welles et B.B. King.
Une maman partie un jour en 4L en Turquie acheter du Khôl.

Des études en langues pour vivre dans de multiples pays et penser autrement.
Retour d’Australie, apprentissage de l’artisanat de la sellerie équine dans les haras nationaux. De l’importance du savoir dans les mains. Détour par Londres, de fil en aiguille, maroquinerie, art textile, traduction, écriture. Cinq années d’immersion dans le monde vivifiant de l’ostréiculture normande et de l’enseignement. Diplômes de la Marine. Sur cette terre baignée de lumière et
d’embruns, le dessin, la photo et l’accumulation de trésors trouvés sur la grève.
Cultiver, en plus des huîtres creuses, l’amour des petites choses essentielles et inutiles. Paris n’est jamais loin, la saison des galeries et des théâtres ponctuent les marées.
Arrivée du premier enfant, collaboration avec deux drôles de dames dénicheuses de spectacle vivant. Tournées dans le camion d’un cirque gallois, le bus de clowns russes, de marionnettistes québécois, du papa comédien. Nombreux textes et croquis, aquarelles en poche. Et le plaisir sans cesse renouvelé du spectacle. Un chapiteau, des théâtres, artistes, auteurs, techniciens, bénévoles, rencontres, public, rêves, vivants. Ce terreau est parfait. Arrivée du deuxième enfant et sacrement, engagements. Naissance d’un tout petit Grizzli relâché au milieu des sillons. Aujourd’hui, « Le Bruit du Regard » ouvre ses paupières.
L’écriture se solidifie, avec un passage dans le département Art et Com de l’université de Toulouse. De tradition familiale, une entrée des artistes tardive.
D’abord courir, partout, pour rien, pour tout, pour les yeux, les oreilles, puis les mains, prennent le relais.

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